dimanche 25 mai 2008

Xavier Hanotte, Derrière la colline.

…mes angoisses de petit garcon trop raisonneur et scrupuleux.
Tous, nous connaissions ces moments de lucidité aiguë où soudain la réalité tombait le masque, où la complète disparition de l’avenir au profit d’un présent chichement compté nous dévoilait le vide vertigineux d’une existence précaire jusqu’à l’insupportable.
…je vivais pleinement mon écriture dans une sorte de transe froide, inconnue jusqu’alors. Réalité, fiction, poésie, ces termes avaient soudain perdu leur sens habituel.
…j’entrais dans l’immense confrérie des vaincus philosophiques, qui tôt ou tard cessaient de lutter et acceptaient leur sort.
…il était doux de ne plus raisonner, de lâcher prise, de sentir son corps peser un poids juste, que n’alourdissait plus aucun fardeau physique ni spirituel.

Aucun commentaire: