mardi 19 mai 2009

Ung Daravichet Chai, Soma, l'enfant de l'Angkar*.

Une vie calme, harmonieuse, aussi limpide que le reflet du ciel, aussi paisible que l'âme de la terre. La pagode se coiffe de jasmin. Ici, c'est la fin et le début du monde.
Ils commettent des fautes et prient pour leur pardon, mais le Bouddha n'est pas un rédempteur. Il n'est pas un dieu et il n'a aucun pouvoir d'absolution.
- Qu'importent les richesses matérielles. La plus grande de toutes, c'est l'intelligence qui nous permet de comprendre la source du désesp

jeudi 14 mai 2009

Hour Chea, Quatre ans avec les Khmers rouges*.

Le matin, il fait toujours assez frais. Allongé sur mon lit, j'entendais le son des cerfs-volants qui flottaient dans le ciel aux quatre coins de notre village.
Pourtant, la vue de cet édifice religieux éveillait en moi une sensation étrange de bien-être intérieur. Bouddhiste de naissance, je me sentis aussitôt replongé dans un monde plein de chaleur et de sérénité.

mercredi 13 mai 2009

Nathalie Sophana Lim, Nary, rescapée du génocide cambodgien*.


L'anxiété déstabilise mon esprit et me fait imaginer des choses terribles.
Des buffles au regard nostalgique, immobiles en bordure de route, nous observent paisiblement. Chez les khmers, on dit que leurs yeux remplis de larmes trahissent le regard plein de compassion du Bouddha envers la souffrance des êtres humains.
C'était avant tout un poète ; dans les heures oisives des après-midi chaudes, je le voyais plongé dans sa solitude d'artiste dont j'enviais la familiarité. De ses écrits, des volumes entiers dorment dans la poussière des casiers de son beau bureau.
Comme grand-mère, il est un immense fleuve de compassion, une montagne s'élevant au-dessus des soucis de ce monde.

mardi 12 mai 2009

Maurice Druon, Le lis et le lion***.

"On ne perd jamais rien à défendre son droit, même si l'on sait qu'il ne peut pas triompher..."
Les mauvaises âmes recèlent en elles-mêmes la suffisante semence de leur propre malheur.
C'est une erreur commune à tous les humains que de croire que leur prochain accorde à leur personne autant d'importance qu'ils lui en attachent eux-mêmes ; les autres, sauf s'ils ont un intérêt particulier à s'en souvenir, oublient vite ce qui nous est arrivé ; et si même ils n'ont pas oublié, leur souvenir ne revêt pas la gravité que nous imaginons.
C'est souvent à vingt ans qu'un homme formule les quelques principes qu'il mettra toute une vie à appliquer.
On dit que les hommes forts sont ceux qui savent reconnaître leurs torts.

vendredi 1 mai 2009

Maurice Druon, La louve de France***.

" ... De quelle aide, dans notre métier, nous sont les bavards, et comme les vantards nous offrent pour rien ce qu'ils pourraient nous vendre si cher !"
... car il avait appréhendé vraiment d'avoir à confesser, lui grand dignitaire, toutes les petites scories, les mauvais désirs, les vilaines actions, toute la lie qui tombe au fond de l'âme avec les jours et les ans.
... lorsqu'il était question qu'il mît le pied en France, des malaises anxieux l'étouffaient, il pâlissait, sentait fuir les battements de son coeur et devait s'allonger haletant, pour une heure.
Il était singulièrement robuste de corps et même d'esprit. D'autres à sa place eussent facilement perdu la raison : lui se contentait de gémir. Mais ses gémissements mêmes témoignaient de son bon sens.
Le saint n'est jamais aussi saint, ni le cruel jamais aussi complètement cruel que les autres le croient.
Il était contrôlé dans sa colère ...