dimanche 25 mai 2008

Jean Hatzfeld, Dans le nu de la vie / Une saison de machettes***.



... même quand la situation semblait tranquille, nos deux yeux ne dormaient jamais ensemble.
Ces gens bien lettrés étaient calmes, et ils ont rebroussé leurs manches pour tenir fermement une machette. Alors, pour celui qui, comme moi, a enseigné les Humanités sa vie durant, ces criminels – là sont un terrible mystère.
" Les pleurs d'un homme coulent dans son ventre."
On enveloppait nos craintes de feuilles de silence.
D'une certaine façon, l'ethnicité c'est comme le sida, moins tu oses en parler, plus elle cause de ravages.
Mais je me félicite quand même d'être tutsie, car sinon je serais hutue.
Quelquefois, on a peur au déclenchement d'une situation, mais au milieu on avance en une sorte d'anesthésie.

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