dimanche 25 novembre 2012

Marguerite Yourcenar, Les mémoires d'Hadrien***.

Esprit sec, il m'apprit à préférer les choses aux mots, à me méfier des formules, à observer plutôt qu'à juger.
Je commençais à avoir ma légende, ce reflet miroitant, bizarre, fait à demi de nos actions, à demi de ce que le vulgaire pense d'elles.
Je ne savais pas que la douleur contient d'étranges labyrinthes, où je n'avais pas fini de marcher.
... toute tolérance accordée aux fanatiques leur fait croire immédiatement à de la sympathie pour leur cause ...
Aucun peuple, sauf Israël, n'a l'arrogance d'enfermer la vérité tout entière dans les limites étroites d'une seule conception divine ...
... la possibilité de jeter le masque en toutes choses est l'un des rares avantages que je trouve à vieillir...

dimanche 11 novembre 2012

Jean-Denis Bredin, L'affaire***.

Bernard Lazare, observe, regrette, la passivité générale des Juifs français : "Il y en a un grand nombre qui ont gardé des persécutions anciennes une déplorable habitude : celle de recevoir des coups et de ne pas protester, de plier l'échine, d'attendre que l'orage passe, et de faire les morts pour ne pas attirer la foudre."
L'impôt sur le revenu, c'était la voie ouverte à l'inquisition, au collectivisme !
Il semblait au contraire distant, presque détaché, placé au-dessus des destins ordinaires ...
Acceptant la grâce, permettant l'amnistie, Dreyfus a révélé qu'il n'avait pas la taille de Dreyfus.
Telle est peut-être l'ambiguïté de ce peuple, de culture latine, de tradition catholique, frileusement attaché à ses coutumes, à son héritage, fanatique, intolérant, résolument hostile à tout ce qui est différent, toujours avide de punir, de réprimer; et aussi secoué de grandes émotions, vite porté par l'élan de la liberté, capable un jour de fusiller l'innocent, un autre de se faire fusiller pour l'innocent.