lundi 20 décembre 2010

Inderjit Badhwar, La chambre des parfums*.

Si vous ne pouvez vous résigner à ne pas croire en Dieu, doutez au moins de son existence.
Une douzaine d'années après que les Britanniques eurent évacué le territoire (l'Inde), leur sous-culture continuait à faire, chez nous, la pluie et le beau temps.
Elle lui pardonnait tout avec tant d'indulgence, comme les enfants pardonnent à Dieu avant de finir par comprendre que c'est aussi le diable.

samedi 20 novembre 2010

Hubert Monteilhet, Les bouffons*.

… Malesherbes a dû se dire que la tyrannie des rois, qui lui avait permis d’œuvrer à leur perte, était peu de chose à côté de celle des peuples.
Les grands tyrans ne valent pas cher, mais les petits sont la lie de la profession. Et plus la fraction de puissance publique est faible, plus l’homme est tenté d’en abuser.
Louis XVI ne suivait que les mauvais avis, qu’il faisait exécuter de travers, après y avoir réfléchi trop longtemps.
… Napoléon, qui se méfiait des désintéressés en raison de leur esprit d’indépendance …
- Ce sont les hommes qui font l’histoire, comme les vaches chient dans les prés. On ne sait jamais où va tomber la bouse. »
Saint-Just avait l’air ailleurs, songeant sans doute à ce qu’on dirait de lui dans deux ou trois cents ans , comme s’il importait au requin de laisser des traces dans la mer.

lundi 8 novembre 2010

Dan Franck, Bohèmes*.


"Le romancier écrira : Une robe verte et un poète : Une robe d'herbes." (Max Jacob).

Assia Djebar, La disparition de la langue française.


Charles Duchaussois, Flash ou le grand voyage***.


Stephen Koch, Adieu à l'amitié**.

N'empêche qu'il (Hemingway) en était malade. Faire un discours ? C'était si ... politique. Si loin de son indépendance bohème ....

samedi 28 août 2010

Henry David Thoreau, "Je vivais seul, dans les bois".


Vie d'insensé, ils s'en apercevront en arrivant au bout ...
Car les améliorations apportées par les siècles n'ont eu que peu d'influence sur les lois essentielles de l'existence de l'homme : de même que nos squelettes, probablement, n'ont pas à se voir distingués de ceux de nos ancètres.
Travaillerons-nous toujours à nous procurer davantage, et non parfois à nous contenter de moins ?
Pour les pyramides, ce qu'elles offrent surtout d'étonnant, c'est qu'on ait pu trouver tant d'hommes assez avilis pour passer leur vie à la construction d'une tombe destinée à quelque imbécile ambitieux, qu'il eût été plus sage et plus mâle de noyer dans le Nil pour ensuite livrer son corps aux chiens.

mercredi 25 août 2010

Voltaire, Le monde comme il va.


"... Songez que les fanatiques sont plus dangereux que les fripons. On ne peut jamais faire entendre raison à un énergumène; les fripons l'entendent."

vendredi 20 août 2010

Pidansat de Mairobert, Confession d'une jeune fille.

... tous ces détails peuvent être excellents dans la chaleur de la débauche, mais deviennent insipides et dégoûtants dans le sang-froid de la narration.
... l'hypocrisie religieuse que nécessite ici le célibat chez cette multitude de moines, de prêtres, d'abbés, d'évêques qui ne peuvent, comme notre clergé, dans le sein d'un chaste hymen payer à la nature le tribut que tout homme lui doit.

samedi 31 juillet 2010

Denis Bertholet, Claude Lévi-Strauss.

Il estime désormais que les jugements politiques sont épidermiques et dénués de la moindre rigueur.
La technique américaine du bonheur fait appel à l'enfant qui sommeille en tout homme.
Lévi-Strauss hasarde l'hypothèse que l'humanité depuis qu'elle existe n'a jamais progressé, mais qu'elle s'est simplement mesurée à des objets nouveaux.
Le progrès des uns s'est fait au prix de la destruction des autres. L'Occident n'est développé que parce qu'il a lui-même créé, "par la violence, l'oppression et l'extermination", ce qu'on appelle le sous-développement.
... c'est à l'époque de la révolution néolithique ... que l'homme s'est donné les conditions de vie les plus équilibrées. Il a trouvé le juste milieu entre l'insécurité du paléolithique et les dévastations de l'ère industrielle.
Lévi-Strauss répète inlassablement que l'homme est en train de détruire son environnement et qu'il finira par se détruire lui-même, s'il ne cesse de se prendre pour le roi de la création et de traiter la nature et les autres espèces vivantes comme des capitaux à exploiter ou des travers à corriger.
... l'anarchie de droite ... le projet d'une société autorégulée, dans laquelle l'ordre émanerait du principe de responsabilité plutôt qu'il ne découlerait de celui d'autorité.
... il se demande si Gobineau n'avait pas raison, quand il disait "que nous allions vers une homogénéisation totale, de pair avec une sorte d'abêtissement, également total".
... l'univers a cessé de tourner autour de l'homme, comme il a cessé jadis de tourner autour de la terre.

jeudi 22 juillet 2010

Isabelle Massieu, Le Laos.

Quand on n'a plus besoin de ce qui est vraiment nécessaire, c'est incroyable comme il faut peu de chose, et comme on comprend et on envie la supériorité de celui qui exige encore moins !
On rapporte enfin qu'il y avait deux éléphants, une mère et son petit, qu'il s'agissait de partager. Les "petits frères" choisirent le jeune éléphant. Et celui-ci criait sans cesse et appelait sa mère, qui revenait toujours auprès de lui, ce qui procura aux "petits frères" les deux éléphants. Il restait à partager encore deux "gongs", un gros et un petit. Instruits par l'exemple du gros éléphant, les bons Khas choisirent le petit gong, et se mirent à taper dessus tant qu'ils purent, espérant que le grand gong viendrait rejoindre le petit. Le grand gong ne vint pas; et les malins Laotiens eurent tout à la fois le grand gong et les deux éléphants.

La croix gammée est démoniaque ou divine, c'est-à-dire bouddhique, selon l'orientation de ses ailes.

lundi 19 juillet 2010

Claude Lévi-Strauss, Tristes tropiques**.


... tandis que les blancs proclamaient que les indiens étaient des bêtes, les seconds se contentaient de soupçonner les premiers d'être des dieux. A ignorance égale, le dernier procédé était certes plus digne d'hommes.
On a besoin de peu pour exister : peu d'espace, peu de nourriture, peu de joie, peu d'ustensiles ou d'outils; c'est la vie dans un mouchoir de poche. En revanche, il semble y avoir beaucoup d'âme.
J'éprouvais quelques difficultés avec eux, parce qu'ils avaient sur tous les problèmes des idées aussi arrêtées que les miennes.
Au néolithique, l'humanité a accompli des pas de géant sans le secours de l'écriture; avec elle, les civilisations historiques de l'Occident ont longtemps stagné.
... plutôt un contemplatif doué d'un esprit séduisant et poétique et d'une vive sensibilité.

vendredi 4 juin 2010

Edward George Bulwer-Lytton, Les derniers jours de Pompéi*.


On sentait l'impuissance des espérances humaines : c'était comme une leçon de désespoir.
... la mort m'est plus douce avec toi que la vie sans toi.

samedi 22 mai 2010

Louis-Ferdinand Céline, mort à crédit***.


Dès que dans l'existence ça va un tout petit peu mieux, on ne pense plus qu'aux saloperies.

jeudi 6 mai 2010

Aki Shimazaki, Tsubaki, le poids des secrets.

- Grand-mère, pourquoi les Américains ont-ils envoyé deux bombes atomiques sur le Japon ?
- Parce qu'ils n'en avaient que deux à ce moment-là, dit-elle franchement.
Il me disait : "Tiens compte du réel comme les scientifiques, réfléchis bien avant d'agir, sois réaliste, ne mélange pas une chose avec une autre."


vendredi 30 avril 2010

George Orwell, Une histoire birmane***.


Du moment qu'un homme a la peau noire, un soupçon tient lieu de preuve.
Le fonctionnaire maintient le Birman à terre tandis que l'homme d'affaires lui fait les poches.
Dès que vous vous penchez sur l'art de ces peuples d'Orient, vous vous trouvez face à une civilisation immuable qui remonte à des millénaires - à une époque à laquelle nous étions, nous, vêtus de peaux de bêtes.


jeudi 1 avril 2010

Piotr Bednarski, Les neiges bleues.

Mais le pouvoir en ces temps-là appartenait au mal absolu. Le mal prospérait comme jamais le bien n'avait fleuri en ce monde.

mercredi 10 mars 2010

Ryszard Kapuscinski, Autoportrait d'un reporter*.


Confucius dit ... que la meilleure façon de connaître le monde consiste à ne pas sortir de chez soi. ... On peut voyager à l' intérieur de son âme.
Les médias ont toutefois créé une vision du monde très politique, chaotique et totalement déconnectée de la "longue durée", autrement dit des institutions sociales, des attitudes, des mentalités et des préoccupations des gens simples qui constituent 90% de toute société.
Quand on m'invite au Ritz, je m'y perds, je me sens mal, je n'arrive pas à me retrouver dans cet environnement. Alors que là-bas, dans le tiers-monde, je me retrouve du jour au lendemain. J'aime habiter dans les villages, j'aime ces hommes, car ils sont simples, hospitaliers, cordiaux.
... l' économie extrême : minimum de mots, expulsion de tous les adjectifs. J'adore lire des aphorismes, j'aime le trait clair, pur, parcimonieux; c'est le style auquel j'aspire.
Ils (les médias) se sont fixé un objectif plus ambitieux : ils façonnent la réalité... La télévision nous fait vivre dans un monde de contes.... Il s'agit d'une sorte de fabulatin du monde.
Les grands médias traitent l'information comme une marchandise et non comme un vecteur de vérité.
Dans le monde, 268 personnes possèdent une fortune égale à celle de la moitié de l'humanité.... La manipulation consiste à refouler le problème de la pauvreté dans le domaine de l'exotisme.
Les médias d'aujourd'hui avancent en troupeau, comme des moutons.
Il n'y a plus de presse critique dans le monde. Les médias ont cessé d'être une opposition au système.

jeudi 4 mars 2010

Albert Camus, La peste***.


On voit les choses comme elles sont, c'est-à-dire qu'on les voit selon la justice ...
" Avec celui-là ... on peut causer, parce que c'est un homme...."
"... un homme en proie à une grande maladie, ou à une angoisse profonde, est dispensé du même coup de toutes les autres maladies ou angoisses...."
"... Ils sont malheureux parce qu'ils ne se laissent pas aller...."
"... je refuserais de jamais donner une seule raison, une seule, vous entendez, à cette dégoûtante boucherie. Oui, j'ai choisi cet aveuglement obstiné en attendant d'y voir plus clair...."
"... j'ai compris que tout le malheur des hommes venait de ce qu'ils ne tenaient pas un langage clair...."

vendredi 5 février 2010

Dane Cuypers, Tourments et merveilles*.


"A soixante-dix ans, dit Jean Mascolo, elle parlait encore du Viêtnam, du Cambodge : son imaginare, c'était toujours là."
Bizot : "Quand on prend conscience de cette terrible capacité qui nous habite tous ... alors on prend peur. Et c'est de soi-même qu'on a peur."
Par-dessus tout, il ne trichait jamais, ni avec lui-même ni avec les autres, ce qui en faisait un homme (Bizot) difficile, amer, solitaire (...).
Ponchaud : "Ce procès n'intéresse que l'élite intellectuelle de Phnom Penh et surtout les Occidentaux. Dans les campagnes, ce qu'on veut c'est manger et survivre..."
Qu'est-ce que ce procès, trente ans après, qui va juger une poignée de vieillards ? Quel jeu joue le gouvernement dont on sait bien qu'il nourrit d'anciens khmers rouges - le Premier ministre Hun Sen, le président du Sénat, Chea Sim, et celui de l'Assemblée, Heng Samrin...
Le Cambodge, c'est un des pays que j'aime le plus et que j'aurai compris le moins. Jean Lacouture
Bizot : "Pour la première fois je voyais des gens à qui j'avais envie de ressembler." Le Cambodge lui apprend ni plus ni moins à vivre : les gestes des paysans, les chefs de monastère, les vieillards, la façon de mourir, la musique, tout l'émerveille.
(Livre remarquablement écrit. On pardonne à l'auteur quelques clichés et lieux communs.)

jeudi 21 janvier 2010

James S. Lee, Les tribulations d'un opiomane (1895-1915)***.

La plupart des écrivains voyageurs ont entendu parler de James S. Lee et de son Underworld of the East, un classique oublié de la littérature de voyage et de la « drug literature » jamais encore traduit en français. Ingénieur des mines en Asie mais né en 1872 dans le Nord de l’Angleterre victorienne, James S. Lee a attendu d’avoir 62 ans pour publier le récit de ses voyages à travers le monde ...