mardi 30 juin 2009

Cicéron, Le bonheur*.

... c'est là l'homme véritablement heureux : rien de ce qui peut arriver à l'homme ne lui paraît ni assez intolérable pour abattre son âme, ni assez heureux pour la transporter.
Il jette sur le monde un regard si pénétrant qu'il aperçoit toujours une demeure possible, un lieu où vivre sans chagrin ni angoisse, capable ainsi, quelque malheur que le sort lui envoie, de s'arranger de lui et de le supporter sans y perdre sa tranquillité.
... quand elle affirme que l'excès, de tristesse ou de joie, provient toujours d'une erreur de jugement. Erreur que d'ailleurs le temps se charge à lui seul de dissiper, même chez ceux qui déraisonnent ...
Ce que nous entendons quand nous parlons d'une grande âme, d'une âme forte et courageuse, c'est une âme équilibrée, en repos, solide, et qui sait dominer tous les hasards de la vie. Une telle âme ne peut appartenir à un homme qui s'afflige, craint, désire ou délire de joie ...
Il n'est aucune histoire si terrible, aucun accident du sort,
Aucun malheur envoyé par la colère divine
Dont la nature humaine, par la patience, ne puisse venir à bout.
(Oreste d'Euridpe)


mercredi 24 juin 2009

Pierre Boulle, Le pont de la rivière Khwaï*.

L'abîme infranchissable que certains regards voient creusé entre l'âme occidentale et l'âme orientale n'est peut-être qu'un effet de mirage. Peut-être n'est-il que la représentation conventionnelle d'un lieu commun sans base solide, un jour perfidement travesti en aperçu piquant, dont on ne peut même pas invoquer la qualité de vérité première pour justifier l'existence ?
Clipton, d'ailleurs, était par nature objectif et possédait le don rare de pouvoir considérer un problème sous des angles très différents.
Il resta longtemps silencieux, pendant que ce point se débattait probablement en une dimension mystérieuse de l'univers.
"N'est-ce pas ? répondit-il gravement. Ils sont bien tels que je les ai toujours jugés : un peuple très primitif, encore dans l'enfance, qui a reçu trop vite un vernis de civilisation. Ils n'ont vraiment rien appris en profondeur. Livrés à eux-mêmes, ils ne peuvent faire un pas en avant. Sans nous, ils seraient encore à l'époque de la marine à voiles et ne posséderaient pas un avion. De véritables enfants... Et quelle prétention avec cela, Clipton ! Un ouvrage de cette importance ! Croyez-moi; ils sont tout juste capables de construire des ponts de lianes."
Ce sens spécial de l'"atmosphère" ne le trompe presque jamais. Son malaise s'aggrave jusqu'à devenir une angoisse, qu'il essaie de dissiper en raisonnant.
C'est la deuxième fois de sa vie qu'il éprouve un pareil bouleversement... Son coeur s'arrête réellement, véritablement de battre, et tout son corps sécrète une sueur glacée.

dimanche 7 juin 2009

Jirô Taniguchi, Le sommet des dieux***.





Le Sommet des dieux (神々の山嶺 : Kamigami no Itadaki) est une adaptation de l'œuvre originale de Yumemakura Baku, dessinée par Jirô Taniguchi.
Il a reçu en 2001 le prix de la meilleure œuvre dans la catégorie manga lors de la 5e édition du festival des arts et médias du ministère de la culture du Japon et le Prix du dessin lors du Festival d'Angoulême 2005.

J'ai adoré !

samedi 6 juin 2009

Gustave Flaubert, L'éducation sentimentale***.

... et il songeait dédaigneusement à tous ces êtres humains couchés derrière ces murs, qui existaient sans la voir, et dont pas un même ne se doutait qu'elle vécût !
... la foule l'étourdissait, - le dimanche surtout ... il se sentait tout écoeuré par la bassesse des figures, la niaiserie des propos, la satisfaction imbécile transpirant sur les fronts en sueur !
Sans y prendre garde, elle s'habillait devant lui, tirait avec lenteur ses bas de soie ...
Cependant, est-ce que la volonté n'était pas l'élément capital des entreprises ? et, puisque avec elle on triomphe de tout ...