samedi 24 mai 2008

Vassilis Alexakis, Les mots étrangers.

L'Afrique m'enchantait pourtant. Elle substituait au monde étriqué que je connaissais un espace libre où tout restait à inventer, où tout était encore possible.
Mon père n'est devenu attentif à son égard que lorsqu'elle a été hospitalisée. Durant cette longue période, il lui a témoigné une affection sans faille. Les rares moments où ma mère reprenait ses esprits, elle le regardait elle aussi avec beaucoup de douceur. Je suppose qu'ils s'étaient aimés dans leur jeunesse. Ils se sont à nouveau aimés avant de se séparer définitivement.
Quand j'apprenais le français, j'écrivais dans un cahier tout ce que j'entendais dans les cafés, dans le métro, et même chez les gens qui m'invitaient à dîner, comme un reporter, ou une secrétaire. L'écriture permet d'établir un contact physique avec la langue, de la toucher.
J'ai toujours eu besoin d'une feuille de papier et d'un crayon pour me rendre compte des choses.

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