vendredi 30 mai 2008

Ryszard Kapuscinski, Ebène***.

... l’homme blanc est comme une pièce rapportée, bizarre et discordante. Pâle, faible, la chemise trempée de sueur, les cheveux collés, sans cesse tourmenté par la soif, par un sentiment d’impuissance, par le spleen. Il a constamment peur : des moustiques, des amibes, des scorpions, des serpents. Tout ce qui bouge l’effraie, le terrorise, le panique.
Entre l’homme et le temps existe un conflit insoluble qui se termine toujours par la défaite de l’homme : le temps détruit l’homme.
...l’essence de l’Afrique est son infinie diversité.
D’une part, l’expérience m’a appris que, de loin, les situations de crise semblent souvent pires et plus dangereuses qu’elles ne le sont en réalité. Notre imagination s’empare de la moindre sensation, absorbe le moindre signal de danger ou la moindre odeur de poudre pour amplifier aussitôt ces indices à une échelle monstrueuse et pétrifiante.
Je serai en sécurité tant que je me laisserai cambrioler sans chercher à faire punir le coupable.
La culture africaine est une culture de l’échange. Si on me donne quelque chose, je dois le rendre.
« Le désert t’apprendra une chose, m’a dit à Niamey un marchand du Sahara : qu’il existe une chose que l’on peut désirer et aimer plus qu’une femme, l’eau. »
Chaque langue européenne est riche, mais sa richesse est au service de la description de sa propre culture, elle est là pour représenter son propre monde. Quand elle veut aborder le terrain d’une autre culture et la décrire, elle dévoile ses limites, son immaturité, son désarroi sémantique.


Décédé en janvier 2007 : Gazeta Wyborcza rend hommage au plus grand journaliste polonais. Infatigable voyageur et reporter, par sa curiosité du monde Kapuscinski a donné un sens profond à la profession de journaliste.

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