samedi 24 mai 2008

Jean-François Revel, L'obsession anti-américaine*.

Que la France apprenne à se voir enfin telle qu’elle est, avec une Constitution impraticable et moribonde, un Etat incapable d’imposer le respect de la loi, et qui ne sait dire qu’une chose : « Je taxe et je distribue », une intelligentsia de plus en plus aveugle au monde et une population de moins en moins active, persuadée qu’elle peut gagner toujours davantage tout en étudiant et en travaillant toujours moins.
Les outrances souvent délirantes de la haine antiaméricaine, les imputations des médias, relevant tantôt de l’incompétence tantôt de la mythomanie, la malveillance opiniâtre qui retourne la signification de tout événement de manière à l’interpréter sans exception de manière défavorable aux Etats-Unis ne peuvent que convaincre ceux-ci de l’inutilité de toute consultation. Le résultat est l’opposé de celui qui était prétendument recherché. Ce sont les mensonges de la partialité antiaméricaine qui fabriquent l’unilatéralisme américain. L’aveuglement tendancieux et l’hostilité systématique de la plupart des gouvernements qui ont affaire à l’Amérique n’aboutissent qu’à les affaiblir eux-mêmes en les éloignant toujours davantage de la compréhension des réalités. Ce sont ces gouvernements mêmes, ennemis et alliés confondus, qui, remplaçant l’action par l’animosité et l’analyse par la passion, se condamnent à l’impuissance et, par effet de contrepoids, nourrissent la superpuissance américaine.

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