dimanche 25 mai 2008

Joseph Conrad, Au coeur des ténèbres***.

...la force n’est qu’un accident résultant de la faiblesse des autres.
Il ne créait rien, il n’était capable que de gérer le train – train…
Dans tout mensonge il y a un goût de cendre, une saveur de mortalité…
J’aurais aussi bien pu commander à un arbre de ne pas se balancer dans le vent.
Le lustre du regard interrogateur s’effaça rapidement pour laisser la place à une vacuité de verre.
…je fus d’abord seulement hébété par une épouvante vide de sens, une vraie terreur abstraite, qui ne se reliait à aucune forme distincte de danger physique…comme si une chose monstrueuse, intolérable pour la pensée, odieuse pour l’âme, s’était abattue sur moi d’une manière inattendue. Cela ne dura évidemment qu’une fraction de seconde…
On parle avec enthousiasme ou indignation ; on parle d’oppression, de cruauté, de crime, de dévotion, de sacrifice, de courage ; mais au – delà de ces mots, nul ne perçoit rien de concret.
L’homme peut tout détruire en lui : amour, haine, croyances, et même le doute ; mais aussi longtemps qu’il s’accroche à la vie il est incapable de détruire la peur…
La violence des émotions qu’il avait subies lui donnait un sentiment d’épuisement et de sérénité.
G. K Chesterton, affirmant qu’on a tort de rire quand on voit un homme tomber dans la rue, car c’est à la chute de l’homme qu’on assiste. La chute de l’homme est le drame métaphysique eternel.

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