
Beauté des arbres, des enfants au torse nu, rieurs, au regard languide. Le ciel est bas. Extraordinaire quiétude et douceur de l'air. Tout ici semble promettre le bonheur, la volupté, l'oubli.
Moins le blanc est intelligent, plus le noir lui paraît bête.
Quels braves gens ! Comme on les conquerrait vite ! et quel art diabolique, quelle persévérance dans l'incompréhension, quelle politique de haine et de mauvais vouloir il a fallu pour obtenir de quoi justifier les brutalités, les exactions et les sévices.
Auprès de ces noirs, combien de blancs ont l'air de goujats.
Le sultan, cet être arrogant et sans souriui sans doute nous a jugés peu importants, d'après notre familiarité envers les inférieurs, ne daigne point paraître.
Tout proche de la défaillance le corps peut goûter presque suavement l'être. Oasis parfois ravissantes entre deux reprises d'angoisse.
On ne trouve rien dans le sang de Marc;n plus que dans le mien. Un peu confus de ne pas être plus malades...
Il est à peu près impossible, à celui qui ne parle point la langue et ne fait guère que passer, de pénétrer bien avant dans la psychologie d'un peuple...
Ces deux tristes produits de la ville (Yaoundé), voleurs, menteurs, hypocrites, justifieraient l'iiritation de certains colons contre les noirs. Mais précisément ce ne sont pas des produits naturels du pays. C'est au contact de notre civilisation qu'ils se sont gâtés.
Quel hôtel ! Le plus rébarbatif des gîtes d'étape est préférable. Et quels blancs ! Laideur, bêtise, vulgarité... Pour moi qui crains sans cesse de déranger autrui, la prière d'autrui, tant de sans-gêne me consterne d'abord, puis m'indigne. Mais je me dis bientôt que, si ces gens nous dérangent, c'est sans le savoir, car eux-mêmes ne méditant pas, ne lisant pas, ne priant pas, et dormant d'un sommeil de brute, ne sont jamais dérangés par rien. Je voudrais écrire un Eloge de la délicatesse.
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