samedi 3 octobre 2009

Romain Gary, Les mangeurs d'étoiles.

L'homme ne faisait pas partie du règne animal, et il n'avait à se faire aucune illusion là-dessus.
Il fallait une bonne dose de naïveté pour imaginer que les massacres, la cruauté et le "pouvoir" pouvaient vous mener quelque part.
... le pouvoir leur glissait entre les mains, simplement parce qu'ils commençaient à mollir et à essayer de se racheter, de faire du "bien".
Le monde était une saloperie de pute qui aimait les coups et se donnait au plus fort.
... elle y étudia notamment le marxisme, qui était présenté avec clarté remarquable en deux lignes.
... il s'était élevé au-dessus de toute cette agitation parfaitement méprisable et, du haut de sa sérénité et du niveau de conscience, de culture et de lucidité qu'il avait atteint, il refusait de s'intéresser à e qui se passait en bas sur la terre et attendait, sans trop d'espoir, que l'Evolution vînt le rejoindre sur les hauts sommets.
Les Simbas mangeaient leurs prisonniers blancs et noirs après les avoir torturés. Les Allemands les transformaient en savon. La différence entre les Simbas et les Allemands civilisés était tout entière dans ce savon. Ce besoin de propreté, c'est la culture.
Il avait vu les paysans crever de faim ainsi, en riant, le ventre bourré d'"étoiles".
Le monde était un endroit sans une ombre de mystère, comme cette place inondée de lumière et qui n'avait rien à cacher, et le vieux et tenace soupçon, l'atroce certitude que les hommes étaient seuls et maîtres de leur destin l'emplissait d'une détresse totale et donnait à ses larmes une sincérité qu'il pouvait à peine supporter.

Aucun commentaire: